logo
biografia

 

 

enlaces

 

 

 

 

 

 

 

VOZ (voix)

Galerie de Photos

Lightbox Gallery : horizontal

Metteur en scène: Javier Aguirre basé sur le roman de Samuel Beckett appelé “Company” Scénario: Javier Aguirre. Adaptation: Antonia Rodriguez-Gago. Producteur: Javier Aguirre. Directeur de Photographie: Jose Luis Lopez Linares. Musique: Eduardo Polonio. Script: Emma Cohen. Acteur: Fernando Fernan Gomez. Traduction et adaptation: Antonia Rodríguez Gago. Durée: 79 minutes. Actual Films, 2001

Commentaires sur le film

 

ANTONIA RODRIGUEZ GAGO

L’effet est un chiaroscuro qui nous rappelle Rembrandt, Goya ou Solana et leurs « peintures noires » …/… quand le vieil homme est allongé sur la paillasse, son visage et ses mains s’illuminent tandis que le reste du corps reste presqu’invisible. Cette image corporelle produit un effet impressionnant car la tête comme les mains semblent des fragments séparés d’un corps auquel elles ne semblent pas appartenir. Dans ce film, comme dans « Voz y nana » (Voix et berceuse), la voix incorporelle paraît indépendante de la figure silencieuse de l’auditeur, un effet que Beckett avait toujours cherché …/… les mouvements et les gestes de la figure silencieuse sont très lents, stylisés …/… au moyen de cette utilisation non-synchronique du son, Aguirre veut souligner, à mon avis, la discontinuité entre la voix et la figure de l’auditeur comme s’il s’agissait de deux fictions créées par une seule imagination …/… la stylisation du mouvement et l’utilisation que l’on fait de la lumière dans le film « Voz » est plus proche de l’esthétique du dernier théâtre de Beckett dans des pièces comme « Trio de spectres » …/… Avec son œuvre « Voz » Javier Aguirre a créé encore un de ses grands films expérimentaux qui va sans aucun doute devenir suffisamment polémique …/… Javier Aguirre metteur en scène et producteur de « Voz » est très connu en Europe par ses films audacieusement expérimentaux, ce qu’il appelle l’anti-cinéma. En tant qu’admirateur de Beckett, Aguirre a toujours voulu tourner une de ses pièces et s’est considéré heureux quand il a reçu la permission de Jérôme Lindon pour la production d’un film basé sur l’œuvre « Company » et heureux car il disposait de l’acteur Fernando Fernán-Gómez pour jouer le protagoniste de ce film. Aguirre crée, dans ce film, l’image immobile d’un homme tout seul dans une chambre obscure qui écoute une voix. Fernán-Gómez n’a pas seulement une présence toute-puissante en tant qu’auditeur silencieux mais possède également une voix émotive, qui enregistrée à part, apparaît en dehors du cadre. Avec son film « Voz », Javier Aguirre a créé une autre œuvre admirable et controversée.

2000

 

CRISTINA CANO VARA

Nous sommes en face de la première version cinématographique de “Company” tournée en un seul plan de quatre-vingts minutes et jouée par l’acteur Fernando Fernan-Gomez, un des meilleurs acteurs espagnols qui soient encore vivants…/… « Voz » est un film qui semble briser toutes les conventions cinématographiques , comme Beckett a fait au sein du théâtre …/ … En se servant d’un terme musical, Aguirre explique qu’il a utilisé le texte de Beckett comme une appogiatura, ce qui veut dire que le texte lui a permis de faire des essais sur le temps et l’espace cinématographiques, comme il avait fait auparavant, lors de travaux précédents …/… Le metteur en scène s’est réuni avec l’exécuteur testamentaire des droits d’auteur de Beckett, Jérôme Lindon, à Paris et lui a expliqué ses projets afin d’adapter l’œuvre « Company » au cinéma. Plus tard, Lindon a envoyé une lettre à Aguirre, en lui donnant les desdits droits en se basant sur le fait, qu’il était avis de Lindon que Beckett, de son vivant, aurait aimé l’idée de la bougie faisant partie de l’image du film. Compte tenu de la quiétude de l’image sur l’écran, la voix touchante de l’acteur acquiert, comme Aguirre suggère dans son article « El cine, imagen y sonido » (le cinéma, image et son) (Ayala 1995: 19), un rôle principal. Nous pouvons trouver, dans la production cinématographique d’Aguirre, plusieurs exemples où le créateur a octroyé à la dimension sonore la même relevance qu’à l’image. Une caractéristique de sa mise en scène est le divorce entre le son et l’image. Pour Aguirre, autant la qualité que la dimension orale d’un film sont si riches qu’en rendant service à l’image, elles devraient être, en même temps, exploitées de façons très diverses. L’importance du son, et surtout du son humain est aussi une des principales caractéristiques des derniers travaux en prose de Samuel Beckett …/… la récitation était si importante pour Beckett qu’il affirmait n’écrire un seul mot sans l’avoir prononcé auparavant …/ … Nous ne pouvons pas nous surprendre en apprenant que l’auteur irlandais avait choisi comme titre provisionnel « Voices in the dark » (voix dans l’obscurité) (Worth 1999: 164). Cette importance de la voix et du fait de raconter par-dessus l’histoire qui est racontée, est le succès d’Aguirre dans son adaptation hors-standard de l’œuvre “Company”, qu’il a appelée « Voz » (voix), en faisant écho du titre provisionnel que Beckett avait donné à son œuvre … / … Bien que certains critiques aient vu dans le décor de « Voz » des éléments qui rappelaient le dernier travail de Krapp, les mouvements stylisés du personnage silencieux ainsi que les effets de lumière qui parfois fragmentent le corps de l’acteur, approchent l’image plutôt des derniers travaux de Beckett, plus formels et abstraits, (Ghost Trio, Fragment of Monologue) (Trio fantôme, Fragment de monologue) …/ … On nous montre l’image d’un objet – une bougie – dont l’importance dans ce film augmente de façon progressive, à différence de ce qui se passe avec le corps humain de l’acteur … Comme Aguirre, Beckett fit des essais avec des formes d’activité logées dans la quiétude et ses recherches percèrent les intensités et les émotions visuelles causées par des états latents …/ … le long-métrage d’Aguirre crée une image pure capable de communiquer sans une connexion narrative ou de référence, car il est capable, comme Beckett dans ses toutes dernières œuvres, d’évoquer dans le spectateur des sensations et des émotions ad infinitum … /… nous avons analysé à quel point les intérêts artistiques d’Aguirre et la poétique de Beckett semblent se confondre dans l’œuvre « Voz ». Suivant l’avis du critique Jose Henriquez, l’image de « Voz » aurait été difficilement conçue sans un texte comme “Company”. Nonobstant, comme le prétendait cet article et je crois avoir été capable de le démontrer, « Voz » est une adaptation surprenante, différente des précédentes, car le film n’essaye pas d’illustrer le texte littéraire, Aguirre utilise le roman signé Beckett pour enquêter sur la représentation et du temps et de l’espace cinématographiques. Néanmoins, certaines de ses expériences artistiques montrent l’existence d’une relation concomitante entre le metteur en scène et Samuel Beckett.