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UTS CERO

Production : Actual Films, Espagne, 1970. Idée : Javier Aguirre. Musique : Luis de Pablo. Photographie : Juan García. Noir et Blanc, 312 mètres. Film dédié à Malevich et Oteiza.

 

Commentaires sur le film

SALVADOR ESPRIU

A mon avis, celui-ci est de loin, le plus impressionnant des quatre films signés Aguirre : un véritable chef-d’œuvre. Que va-t-il faire à partir de ce film, cet homme, si jeune ? – peut-être au fond de son angoisse – est-il trop jeune pour la surmonter et se surpasser ?J’imagine qu’en inventant une avance particulièrement difficile, il va être obligé de retourner en arrière dans son labyrinthe et de chercher des issues – que je ne suis point capable d’entrevoir – car il s’est heurté à un mur infranchissable – à son effort créateur … / … Dans ce zéro que j’aperçois et que j’essaye de comprendre et en basque et en espagnol, ce zéro désigné verbalement de façon répétée et ambigüe, juste dans le centre d’une obscurité totale et vide, un point blanc, pur, simple, qui surgit à l’improviste doté d’imperium et qui croît trop lentement, se transforme en une sphère solaire et en la transcendant envahit l’écran au complet, dissipant les ténèbres et leur souvenir. Par la suite, après une pause atroce, le blanc vainqueur recule, renonce peu à peu devant la négation ou la réinstalle, je le vois comme une sphère de plus en plus petite qui devient un point à nouveau et qui disparaît finalement sans ne laisser ni trace ni faille, aussi simple, profond, et pour moi terrifiant … / … Les théologiens éloignés et subtils d’On vont parfaitement comprendre, je crois, l’idée terrible qu’Aguirre suggère, et Eckehart et autres autorités du même style et de la même lignée et Luria, avec sa théorie du Zimzum. Je fais référence à des pensées très différentes, complexes et rares … /… mais, du haut, j’observe, quand j’écris ces mots, qu’en réalité j’ajoute plus de terreur à mon chagrin. Un rythme étonnant – le dernier, ineffable secret de l’ordre cosmique et pour autant de l’Art – accompagné et mis en valeur par la musique excellente de Luis de Pablo.

1982

 

JOSE FERRATER MORA

« Uts cero » pourrait ne pas être un film mais une méditation Bouddhiste. Et s’il s’agit d’une méditation Bouddhiste, ce n’est pas un film …/ … « Uts cero » pourrait être une méditation mais aussi une hallucination… /… quand je dis que ce n’est peut-être pas du cinéma, je dis qu’il se peut que ce ne soit pas de l’Art. Mais ce n’est pas péjoratif. « Uts Cero » n’est pas de l’Art parce qu’il est plus que l’Art…/ … Un mathématicien pourrait prendre ce film et en faire une équation. Une équation avec des différentiels continus: c’est ce qu’ « Uts cero » est en réalité …/ ...la tendance d’Aguirre, dans sa trajectoire d’auteur, est de se décharger d’impuretés pour arriver à quelque chose qui s’apparente à la pureté totale : le néant. C’est-à-dire le dernier acte de ce sacrifice d’impuretés qui serait la pureté complète pour arriver au néant total, c’est-à-dire, à ne rien faire, à laisser en suspens toute activité, même cinématographique.

1972

 

EUSEBIO SEMPERE

Une peintre dont les intentions artistiques frôlent de façon continuelle les intentions scientifiques, cet essai me semble un des plus importants que j’aie jamais vus. Je trouve qu’il se vante de façon absolue. Je n’ai jamais vu au cinéma une idée aussi claire et aussi catégorique. C’est une chose concise, très pure, d’une incroyable pureté …/ … J’ai peint maints cercles dans ma vie et pour moi, le résultat d’ « Uts Cero » est une œuvre artistique parfaite et pour le moment insurmontable. Je crois qu’il est très difficile de la surpasser, c’est-à-dire d’aller au-delà … /… la séquence temporelle est parfaite. On pourrait la comparer d’une certaine façon au Boléro de Ravel.

1972

 

GABRIEL CELAYA

Entre les court-métrages d’Aguirre que j’ai vus, celui qui m’a intéressé le plus a été « Uts Cero ». La raison est claire. Le point est le minimum possible de la représentation : « le pont essentiel unique entre le mot et le silence », disait Kandinsky. A partir exclusivement d’un point, il est faisable d’exprimer au moyen de graphiques, tout ce qui est possible … /… Je pense que c’est du vrai cinéma, parce que le cinéma authentique ne devrait pas être l’illustration d’un texte mais une image qui se signifie elle-même … /… « Uts Cero » démontre la possibilité de construire un alphabet graphique-dynamique.

1972

 

JOSE GUERRERO

« Uts Cero » est celui que je préfère. Il y a de la tension. Et la musique est dans le creux du cercle et croît, et croît, et croît … /… C’est extrêmement intéressant car Aguirre ne dépasse pas les limites … Des peintres américains comme Noland et Olitsky et aussi Kelly, à partir du support surface ou de l’all over field, comme ils l’appellent, sont restés casés. Et ce n’arrive pas dans le film Uts Cero. Il y a des limites parce que sinon on resterait sur le pavé, dans la rue. Il faut s’engouffrer à l’intérieur …/… J’aime « Uts Cero » car il est extrême. Et simple. Je me rappelle une anecdote au sujet d’un Cantaor (chanteur de Flamenco), Pepe el de la Matrona, qui visitait un jour une exposition et devant un de mes tableaux il a exclamé quelque chose qui pourrait été appliquée également à « Uts Cero » « Ça semble simple mais ça n’a rien de simple ».

1981

 

JOSÉ LUIS L. ARANGUREN

« Uts Cero » nous emmène vers la dimension temporelle la plus transcendantale : non pas le temps psychique, ni le temps, pour ainsi dire, impersonnel, dépersonnalisé et presque transférable des gens que nous sommes, de la personne que je suis, mais le temps cosmique qui surgit du néant, ponctuel et avec une énorme force visuelle et acoustique, également plastique et qui croît jusqu’à ce qu’il occupe tout, pour retourner au vide à nouveau et à l’obscurité d’origine. C’est le cosmos, l’être, mais ce pourrait être aussi la vie et la conscience.

1972

 

ANTONIO MARTINEZ MENCHEN

La même narrative littéraire contemporaine a tendance à abandonner les structures traditionnelles et moyennant une série d’autolimitations à appauvrir l’information dénotative, en échange d’un enrichissement connotatif, en se configurant comme un langage poétique. A ce propos il faut faire référence, en tant qu’exemple limite, aux romans de Samuel Beckett, particulièrement ces dernières œuvres.

1974

 

MANFRED MOHR

« Uts Cero » est en relation directe avec la poésie concrète. Je me rappelle certaines œuvres de Jean-François Bory et de Ferdinand Kriwet, une association d’idées. Dans le livre (« Libro »), il y a des choses semblables, mais il s’agit d’une idée cinématographique complètement originale …/… Ce qui m’intéresse le plus dans le film « Uts Cero » c’est le traitement du temps. C’est le temps qui passe. Un temps auquel on se mélange. On est le complice du temps. On s’introduit à l’intérieur du temps. On participe directement à ce temps et surtout on est pleinement conscient de tout ce processus.

1972

 

JORGE GUILLEN

Encore plus complexe dans sa simplicité : faire et défaire – qui signifie… quelle est sa signification ? Le temps qui passe imperceptiblement. Il n’est pas facile de capturer ce sens profond.

1980

 

LUIS LUGAN

« Uts Cero » nous plonge dans l’Univers… /… « Uts Cero » est une galaxie.

1972

 

JUAN GIL ALBERT

La limite, jusqu’à maintenant prévisible, la simplification la plus grandiose du Tout malgré son élémentarité enfantine, c’est ça « Uts Cero ». Je l’appellerais ton point de départ ou d’arrivée, plutôt que le soutien de ton monde. Il est curieux de contraster ce que nous pourrions appeler le point final en action permanente – je me suis dit, en tant que spectateur minuscule – presqu’une fourmi : le tout et le néant, son infatigable, monotone, fastidieux-suggestif « être ou n’être pas » de Hamlet.

1980

 

JUAN HIDALGO

Par la suite, « Che, che, che ». Quoi ! Quel Che? Che et aussi « Uts Cero ». Le néant et le Zéro, Oteiza et Malevitch.

1972

 

MARCOS RICARDO BARNATAN

De l’Uts urbs orb Cero, le néant germinal, le zéro à l’origine, le primitif, la pureté du zéro, du cercle sacré et parmi les ténèbres, sa lumière paternelle générative croît (père – ciel – célestiel – sphérique – circulaire) Y a-t-il un devant et un derrière ? Ainsi, le sacrifice Brahmanique marque la naissance ; splendeur et mort d’un orbe, Urbs Uts cosmique.

1972

 

EDUARDO SANZ

Quelque chose de non-saisissable qui débouche sur la communication totale. Et c’est ce qui se passe dans ce film et aussi dans « Impulsos Opticos en Progresion Geométrica » (Impulses Optiques en Progression Géométrique). Je le considère mystérieux.

1972

 

ALBERTO PORLAN

La simplicité absolue de cette opération filmique est occidentale et en même temps orientale. Un film écrit en langage binaire et sur le sujet du mouvement qui est, en une certaine mesure, une proposition sur le temps, le changement, la vie et la mort … /… c’est une œuvre purement spéculaire et c’est là que réside son pouvoir d’attrait. Rien n’est reflété qui ne soit dans la tête du spectateur. Ce n’est pas de la morale, ni de l’éthique et d’une certaine façon, elle n’est pas humaine non plus.

 

 

RAFAEL DIESTE

Dans le cas du cercle croissant, qui peut nous sembler invariable pendant quelques secondes (je ne sais pas combien, cela dépend du rayon) et ainsi la perception de la narration au moment où elle se produit a le caractère de la comparaison rétrospective, accompagnée alors, peut-être d’une inévitable sensation de discontinuité. Rien de tout cela n’endommage l’intérêt de l’expérience. Au contraire, cet intérêt croît également puisqu’il est la cause de réflexions et d’hypothèses possibles …/… Nous pourrions nous servir d’un écran circulaire. La croissance du cercle lumineux impliquerait alors la diminution de l’anneau circulaire. Dans ce cas aussi, le rythme des deux variations du point de vue quantitatif serait le même ; mais sûrement pas du point de vue optique.

 

 

FRIEDER SCHNOCK

Je suis totalement impressionné par le film « Uts Cero » que j’ai vu dans le Stedelijk Museum à Amsterdam – nous avons décidé de le porter à Kassel si possible… / … Entre la Documenta Show, il y a de constantes exhibitions tous les cinq ans dans le Musée Publique, en ce moment le plus vieux de l’Europe. L’ouverture de la démonstration pour ce projet aura le titre suivant « Sleep of Reason » (le rêve de la raison) et commencera le 20 Février 1988. Une exhibition d’Art Européen et Américain Actuel …/… son œuvre est à la limite entre le « media » et remplira parfaitement la fonction d’un « highlight ». Il va être exhibé dans le deuxième étage, une pièce plus longue que celle d’Amsterdam, pour que l’image ait un espace plus ample.

1987

 

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