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TIEMPO DOS (Temps Deux)

Galerie de Photos

Lightbox Gallery : horizontal

Idée et scénario : Javier Aguirre et José Luis Barbero. Caméra : Ángel Gómez. Montage : Otilia Ramos. Production: NO-DO. Noir & Blanc. 1960

Commentaires sur le film

 

FRANCISCO AYALA

« Tiempo Dos » est une très belle œuvre d’art cinématographique. Le plaisir sensoriel que la contemplation de cette bande produit a tout son sens – c’est-à-dire la dimension significative de sa valeur esthétique – grâce au son qui l’accompagne … / … C’est une sorte d’effet que le poète obtient lorsqu’il évoque Italica entre ses ruines : tout a disparu, le destin a changé / des voix joyeuses en silence, muettes. Nous sentons que la désolation de l’absence nous serre la gorge. En effet : ce que propose « Tiempo Dos », et que ce film arrive pleinement à exprimer, c’est un sentiment de solitude.

1995

 

RAFAEL ALBERTI

« Tiempo Dos » est un film mélancolique et triste. D’une tonalité grise et poétiquement évocatrice. C’est un film réalisé du fond du cœur. Il est pur, il dénote une clarté profilée, concise et dépouillée. L’image qui reste est celle qui montre un vieil appareil-photo protégé de la pluie au moyen d’un parapluie.

1978

 

SALVADOR ESPRIU

Ce sont des lieus de vacances, avec toute cette vulgarité mise en cause : les gens, le mouvement, la joie externe, la fatigue, l’ennui. Dans le film, tourné en noir et blanc, ces lieux sont silencieux et apparemment désertées, sous la pluie de l’hiver triste …/… mon impression est bien différente peut-être parce que je déteste la lumière, l’accablement des étés méditerranéennes. Je les trouve juste au contraire, concentrés et puissants dans leur authenticité hivernale, dans un certain mépris, le regard tourné vers leur vie intime, fermes, sombrant dans un auto-examen sagace, sans nulle trace de complaisance.

1982

 

J.V. FOIX

Je n’écris plus de poèmes parce que j’en rêve. Un de mes derniers rêves : la place de San Jaime est complètement vide. Ce sentiment de solitude que j’ai eu quand j’ai vu « Tiempo Dos ».

 

 

JUAN DAVID GARCIA BACA

Une musique de fond qui essaye de se confondre au passé, dotée de mémoire, c’est ainsi dans « Tiempo Dos ». Un présent qui est ouvert au passé. Et non seulement pour se mélanger au présent, même au présent qui se réalise, indépendant de la mémoire vitale.

1985

 

CARLOS FERNANDEZ CUENCA

« Tiempo Dos » qui peut être établi comme une des trouvailles les plus significatives et les plus surprenantes de tout ce cinéma expérimental réalisé en Espagne …/… « Tiempo Dos » est un jeu extrêmement adroit et sensible, de rêve et de réalité, d’évocation et de présence, de ce qui est et de ce que nous voudrions qui fût pour toujours.

1961

 

JAVIER SAGASTIZABAL

« Tiempo Dos » est un essai extrêmement intéressant achevé par un emploi efficace de l’image et du son. Le long du film, l’élément auditif devient le canon de l’élément visuel, et obtient des résultats divergents de ceux du film de Querejeta et Eceiza. C’est parce qu’Aguirre s’intéresse surtout aux êtres humains …/… Nous arrivons à bien comprendre le grand drame existentiel dont nous sommes témoins… Tout d’abord, un petit garçon, triste et solitaire, qui possède de gros yeux, des yeux qui peut-être trahissent un développement prématuré de l’esprit, un petit garçon qui regarde le vide devant lui, fébrilement …/ … « Tiempo Dos » est empreint d’un certain pessimisme. L’impression que nous obtenons de la destinée existentielle de l’être humain est sûrement accablante. Mais l’auteur est solidaire des hommes, par son importance quand il s’agit de remonter cette condition fataliste qui l’accule … /… La totalité de « Tiempo Dos » se présente comme l’essai le plus ambitieux et le plus parfait de la sorte mené à bien en Espagne. L’asynchronisme devient évident en correspondance avec le processus du montage visuel de rupture … /… Il devient difficile d’associer tout cela au moment historique du documentaire espagnol. J’ai donc immédiatement classifié cet échantillon de cinéma expérimental entre les quelques choses importantes qui ont été produites au niveau des court-métrages nationaux, ces trente ans derniers.

1961

 

RAFAEL DIESTE

Surtout grâce au rythme, au mélange et à la conjugaison des images, le spectateur se voit mené à l’intérieur de la continuité poétique avec un élan analogue de celui que provoquerait une nouvelle narration, mais sans qu’il y ait de narration … /… A l’improviste, je me souviens du début d’un poème écrit par Rodrigo Caro: « Ceux-ci, Fabio, oh douleur !, que vois-tu maintenant /des champs de solitude, un col flétri/ qui furent jadis la très connue Italica ».

 

 

MANUEL ANDUJAR

Depuis le court-métrage mémorable sur Zarauz dépeuplé un jour d’automne avec une pluie incessante …/ … Javier Aguirre a couvert une longue trajectoire de recherches perspicaces et tenaces --- ses nerfs et sa conscience bien en main, des yeux qui sondent tout autour de lui … /… le parcours hivernal de Zarauz, qui met en évidence cette sensibilité surréaliste à la fois allégorique et mélancolique de l’auteur : le bout de papier qui dialogue avec le vent … /… Les types de poétique quotidienneté.

1978

 

FRANCISCO CANDEL

Tandis que la photo nous montre ces lieux vides --- ce sont des lieux de vacances photographiés en hiver—le canon du son nous offre du raffut comme si le lieu grouillait de gens. De cette façon, il est possible d’obtenir un sens de nostalgie, une grande amertume, une tendresse infinie et une poésie immense.

1980

 

JUAN GIL ALBERT

Je pense que c’est celui que je préfère, je ne sais pas comment tu l’appelles. On se sent dans une place inconnue, on dirait une petite ville espagnole, pas un hameau, mais aux fondations archaïques. De vieilles rues, un jeune homme solitaire, dans l’obscurité d’un vestibule, un couple, un homme et une femme, entre les colonnes de la petite place, non, il n’y a pas d’amour, ils ne se rapprochent pas, ils sont ensemble c’est vrai, mais, comment sont-ils ? Qui sont-ils ? Deux citoyens qui se donnent des choses. A l’improviste, sur le sentier d’un potager, à ce qu’il paraît, des bouts de papier volent mollement, le vent les emporte, ils frôlent la terre, des bouts de journaux ou des paquets de casse-croûte et, en même temps, la silhouette d’un de ces kiosques circulaires, soutenus par un soubassement en pierre où les dimanches nous pouvons entendre une bande d’enfants qui font de la musique et dont la rumeur est collée à la solitude actuelle de ce parage, qui avec une permanence à la fois innocente et décrépite, a convoqué l’envol de notre imagination.

1980

 

ERNESTO GIMENEZ CABALLERO

Mais entre tous les court-métrages signés Javier Aguirre il y en a un qui m’a vraiment impressionné, qui m’a même terrifié, ce fut ledit « Tiempo Dos » …/… Aguirre aurait dû détruire « Tiempo Dos ». Il se pourrait qu’il fût lui-même détruit sans que personne n’arrive à écouter ses excuses parce qu’il s’est avancé au véritable « Tiempo Dos ». Le « Tiempo Dos » d’aujourd’hui.

1978

 

JUAN MIGUEL GONZÁLEZ

« Tiempo Dos » (1960), dans lequel au moyen d’un processus apparemment assez simple qui consiste à altérer le son des images que nous voyons, en le changeant par le son que ces images auraient eu dans une période différente et concrète ; les résultats obtenus sont surprenants, puisque les images sont introduites dans une nouvelle dimension, chargées alors d’une grande force évocatrice … /… revendiquer le son comme un élément autonome … / … briser les règles espace-temps du cinéma à travers un chemin différent à ceux sur lesquels nous avions circulé auparavant.