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OBJETIVO 40º (Objectif 40º)

Production : Actual Films, Espagne, 1970. Idée : Javier Aguirre. Photographie : Raúl P. Cubero. Son : Jesús Ocaña. Noir et Blanc, 351 mètres.

 

Commentaires sur le film

JUAN HIDALGO

Je trouve curieux qu’« Objetivo 40º » soit un de mes préférés. Si vous me demandez pourquoi, c’est parce que j’aime les gens.

1972

 

EDUARDO SANZ

Ce qui m’a impressionné le plus, ce qui m’a produit une plus grande tension, c’est l’homme qui se situe devant la caméra y qui reste là sans s’en aller pendant un bout de temps.

1972

 

ALFONSO SASTRE

J’ai pensé, en regardant ce film à Jean Vigo jouant « A propos de Nice ». Mais cela n’a vraiment rien à voir, je ne sais pas. C’est – à mon avis – une découverte magique de ce qui est évident …/ … il faut le voir encore une fois et maintes fois encore – « Objetivo 40º » de Javier Aguirre! Planter la caméra dans un endroit quelconque nous découvre tout un monde.

1972

 

EUSEBIO SEMPERE

La sensation que me provoque ce film est très étrange (plus abstraite) la première fois que je l’ai vu) : c’est une parade étrange d’une faune exotique, d’une série de personnes – comme si elles n’étaient pas humaines – qui nous donne une impression désolatrice. Il serait curieux de faire ce même essai – pour savoir si le résultat changeait radicalement - si au lieu de tourner en Espagne on avait tourné en Suède ou dans la même ville mais dans la Rue Serrano ou à Vallecas, au lieu de choisir la Puerta del Sol, qui n’est ni une chose ni l’autre et qui représente plus ou moins la moyenne espagnole. Il faut partir du fait que l’objectivité n’existe pas … /… Si nous descendons dans la rue et nous passons par le même endroit et à la même heure, les gens que nous croisons, qui sont certainement les mêmes ont une dimension nouvelle, un intérêt qu’en réalité – c’est paradoxal – ils n’ont pas … /… Je pense que cet essai est aussi réussi qu’« Uts cero » (Uts zéro). Et je crois que les deux coïncident malgré leurs processus totalement différents en une seule chose : l’étude du Vide.

1972

 

ANTONIO MARTINEZ MENCHEN

En partant de l’objectivité néoréaliste fausse, en un essai de porter plainte et de se surpasser le cinéma américain « new experimental » a essayé de mener à bien une œuvre totalement objective, la réalité dans ce film a été respectée de façon rigoureuse. L’approche d’Aguirre dans le film « Objetivo 40º » est en principe différente. Mais, à part la divergence temporaire puisque le New Cinema respecte le temps réel de l’action filmée et Aguirre, par contre, fixe le temps de tournage de façon conventionnelle, « Objetivo 40º » exprime de façon précise l’impossibilité de la totale objectivité, la participation nécessaire de l’auteur.

1974

 

PABLO DEL BARCO

Ce qui semblait un exercice de virtuosité sur l’objectivité a été banni par le cinéaste. « Il ne s’agit pas de réussir à l’objectivité mais de la démythifier ». Nous écoutons ces mots dans le film « Objetivo 40º » et la sincérité déborde.

1995

 

JOSÉ LUIS L. ARANGUREN

« Objetivo 40º » nous installe comme nombre d’autres personnes qui passent devant la caméra. Et, comme eux, juste en face de la lentille, nous restons perplexes, regardés et vus par la lentille d’une --- vide--- objectivité.

1981

 

FRANCISCO CANDEL

Un film qui s’approche de ma façon d’écrire et de sentir la littérature ou la façon dont je me rapproche de celle-ci. « Objetivo 40º » est celui qui se rapproche le plus de l’œil humain, c’est la raison de ce titre. La caméra ne bouge pas, sans la main d’un homme derrière, tournant automatiquement pendant un certain temps et les gens sur la rue la fuient sans cesse. Un film aux connotations sociales, l’art auquel je me rapproche, comme le politique, en insistant que l’art n’a rien à voir avec ça ni avec autre chose ou bien qu’il doit être ça et il doit être tout.

1980

 

MARIO BENEDETTI

« Objetivo 40º » est le comble de l’objectivité. Installer une caméra solitaire sans cameraman pendant douze minutes sans césures, dans un angle quelconque de la Puerta del Sol, un défi incomparable, surtout si le film n’est rien d’autre que cette prise, et seulement cette prise, c’est-à-dire, sans les retouches d’un montage ultérieur. Néanmoins, l’auteur est conscient que cet étalage d’objectivité cinématographique est aussi une démythification de cette objectivité, ou au moins, il s’agit d’une objectivité choisie de façon subjective. Le résultat est à la fois osé et polémique.

1980

 

SUSAN SONTAG

« Objetivo 40º » est une véritable trouvaille ! Il offre maintes possibilités, il peut donner lieu à beaucoup d’interprétations et il y a une quantité folle de films qui pourraient être faits à partir de celui-ci. Il nous aide à voir la réalité d’une manière différente. D’une certaine façon c’est le retour au cinéma le plus primitif, celui de Lumière mais en partant d’une conception différente. Je comprends que la clé, le secret de sa singularité, consiste en une caméra – suivant les explications de l’auteur – qui reste toute seule, sans qu’il y ait un cameraman derrière, et ainsi les gens passent devant mais ne posent pas.

1978

 

JUAN GIL ALBERT

La lumière du jour passe sur nous mais ne nous voit pas. Bon, alors une fois la caméra placée dans la rue, toute seule, sans aucune pression, de notre part, sur la matérialisation impérieuse qui contient en tant qu’objet construit mécaniquement, nous imprime, de façon désintéressée et aveugle, dans sa plaque animique, si nous pouvons l’appeler de la sorte, nous condamnant à une super-existence figurative qui nous tourmente. Pourquoi ? Nous ne le savons pas, nous apparaissons là, enfouis dans une espèce de vacuité s’affairant, que nous appelons Vie. Et prête attention : je me suis dit alors : le réalisme du cinéma est abusif, son réalisme pas sa vérité.

1980

 

ERNESTO GIMENEZ CABALLERO

C’est la révélation la plus atroce que je pouvais imaginer : une caméra installée dans un endroit quelconque de la Puerta del Sol à Madrid tournant pendant douze minutes de suite en un seul plan continu, sans césures. Rien de ce qu’a vu Ramon. Rien du romanticisme de Larra. Rien du passage de Bolivar par le haut de la rue Montera pour aller voir sa fiancée, rien au sujet du « mentidero » du XVIIème siècle ni du Madrid, très connu, de pure souche. Que des gars horribles, de la vulgarité, pleins d’affections, grassouillets, sans chemise, des femmes aux seins et aux derrières généreux, en robe de chambre, sans grâce ni beauté ; des gens qui ont quitté, jadis, la campagne et qui aujourd’hui sont vulgarisés par cette ambiance « Madrid - Puerta del Sol ». J’ai senti peu de fois cette amertume d’être né à Madrid, taché et contrefait à cause des images, et aucune d’elles n’a l’héroïsme étincelant d’antan, en face des troupes de Napoléon, ici-même ; j’ai envie d’étrangler la caméra de Javier Aguirre tout comme si j’étais un Français.

 

 

PAUL BOWLES

Je trouve que ce film qui montre les gens qui passent par la rue est fascinant.

1994

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