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MEDEA 2

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Commentaires sur Esperanza Roy

Metteur en scène : Javier Aguirre. Scénario : Javier Aguirre, à partir de l’œuvre de Lucio Anneo Seneca, Medea, une version de Jesús Luque Moreno. Photographie : Isabel Ruiz. Montage: Isabel Revenga. Post-production Artistique : Antonio Peláez. Musique : Antxon Larrauri, Eduardo Polonio, Jesús Villa Rojo, Emiliano del Cerro, Joaquin Turina. Chorégraphie : Luis Pérez Dávila, "Luisillo". Chef de Production : José Luis de Damas. Production: Actual films avec le soutien de l’ICAA. Durée: 86'. Interprètes du Texte : Esperanza Roy (Medea), Jose Pedro Carrion (Jason), Nati Mistral (nourrice), Manuel de Blas (Creonte), Igor Larrauri (frère / voix off), Fernando Fernan Gomez (messager). Interprètes (ballet): Esperanza Roy (Medea), Lola Greco (Creusa), Saulo Garrido. (Jason), Daniel Doña (Creonte), María Vivó (nourrice).

Commentaires sur le film

 

MANUEL VIDAL ESTÉVEZ

Entre les registres divers que Javier Aguirre a cultivés dans son œuvre polymorphique, il en a un qui se distingue par sa relevance particulière : l’adaptation de textes littéraires. Et non pas un quelconque texte mais des textes plutôt intenses … /… Le chiffre de l’opération la plus transgresseur que Javier Aguirre a mené à bien sur la littéralité d’un texte original est la substitution des voix de la chorale par des numéros de ballet. La représentation, car il s’agit d’une représentation littérale devient plus abstraite et plus spectaculaire …/ … A cette impureté, pour ainsi dire en utilisant les mots de Bazin, il faut en ajouter d’autres. La mise en scène du texte tragique s’offre à nous en noir et blanc, tandis que le ballet arbore les couleurs les plus brillantes. D’autre part les images avec lesquelles le film commence, sont particulières des actualités et s’opposent à celles qui sont à la fin qui proviennent autant d’une méticuleuse élaboration digitale comme des archives cinématographiques et qui renvoient aux films allemands de l’époque de la République de Weimar ; les unes suggèrent la survie du drame actuellement tandis que les autres l’élèvent à une catégorie conceptuelle …/… l’intrigue de Medea nous propose un abîme d’horreur et d’angoisse en nous mettant devant une mère qui a commis une action parricide pour se venger de son mari, Jason, qui l’a abandonnée …/ … Au bon moment, Seneca a oublié les principes d’Horatio, contenus dans son « Arte Poetica » qui avertissait de ne jamais montrer de violence aux spectateurs ; une règle qui était scrupuleusement respectée. Javier Aguirre prend parti pour Seneca et dans ce cas, il rejette partiellement le hors-le-champ, bien que la représentation des crimes soit libre de tout réalisme et que la violence soit adoucie au moyen de retouches digitales …/… Tout cela permet au spectateur de profiter autant de la partie littéraire de Medea2 que de déchiffrer les scènes de ballet.

2009

 

RAFAEL UTRERA MACÍAS

Medea 2, le nouveau titre de Javier Aguirre qui suit « Dispersion de la Luz » (dispersion de la lumière), une version très personnelle et une lecture très éloquente des poèmes de Rafael Alberti « Sobre los Angeles » (sur les anges). Le cinéaste prend alors un prétexte littéraire nouveau, une tragédie de Seneca, pour résoudre au moyen d’une esthétique déterminée et d’une narration fonctionnelle, d’accord toujours avec son style habituel et particulier, une dramaturgie spéciale issue du conflit présenté par l’écrivain de Cordoue … /… après les titres de crédits initiaux, le film nous introduit dans son discours polyvalent précédé d’un exorde ; l’auteur sait très bien que ce préambule sert à exciter l’attention et préparer l’esprit de l’audience …/… cette introduction télévisée, conduite par une voix off emphatique, semble s’éloigner du langage habituel de l’anti-cinéma qui est propre de ce metteur en scène ; la narration des évènement sénéquéens, disposées de façon structurée par Aguirre, prouve que les faits de la Tragédie Classique et sa littérature mythologique se répètent de façon intemporelle et de façon très similaire dans des circonstances humaines semblables, même si les contextes où ils sont installés semblent diamétralement opposés et temporairement lointains. Afin de nous expliquer en utilisant les mots d’Unamuno, qui a traduit en prose espagnole les lignes de Seneca « la terrible passion qui agite les tragédies les plus typiques dans l’histoire de l’Espagne », c’est ce qu’il a dit après la première de sa “Médée” (Merida, 1933) jouée par Margarita Xirgu…/ … Les faits dramatisés par le cinéaste Basque s’installent dans deux champs différents ; d’une part en établissant la lecture habituelle et en récréant les situations avec un langage expressif et un style bien à lui ; d’autre part en s’installant dans une des nombreuses possibilités, aussi personnelles que créatives et aussi créatives que personnelles, comme il s’est passé dans des films précédents signés par Dreyer (scénario), Pasolini (Medea, selon Euripides), Ripstein (c’est la vie, selon Lucio Anneo), pour ne citer que l’illustre triade, mais il serait possible d’en ajouter d’autres comme Dassin, Chaffey ou encore Vons Trier…/ … Un aspect voyant de ce film est la substitution de la chorale par des ballets spécifiques et des danses dont la composition hétérogène, le processus énonciateur, la disponibilité de l’espace et du rythme syncopés suivant la différente thématique du discours, construisent un corpus original dans lequel la solution plastique se nourrit d’images dynamiques et des montages variés qui en résultent …/ … Medea 2 est un film sonore en fonction de sa verbalisation et de sa musique mais, en même temps, il intègre une structure liée au cinéma muet non seulement par les valeurs chromatiques utilisées mais aussi par la composition d’un montage interne qu’Aguirre a organisé pour les dissertations ou les énoncés des personnages ; de la même façon la Médéa alternative, au moyen des ressources rythmiques et mélodiques, va au-delà des zones de la comédie musicale et s’installe dans une harmonie de contraires où la couleur et les couleurs, les pas et les mouvements, s’écoulent dans un tourbillon figuratif et qui bien souvent est construite avec des éléments classiques du style d’Aguirre. Cette question ne peut pas nous surprendre puisque depuis le début, le titre est établi en employant le système de Pythagore avec un numéral (ou un ordinal, cela dépend de la lecture) dans la ligne informative de “Espectro Siete” (Spectre Sept), “Uts Cero” (Uts Zéro), “Multiples” (Multiples), “Numero Indeterminado” (Nombre Indéterminé) ou choisissant d’autres paramètres “Temporalidad Interna” (Temporalité Interne) “Objetivo 40º” (Cible 40º) ou “Impulsos Opticos en Progresion Geometrica” (Impulsions Optiques en Progression Géométrique). S’enfoncer dans la Médée musicalisée signifie percevoir des processus et des ressources (réalisés maintenant en s’aidant des nouvelles technologies) qui ressortent de l’abîme intellectuel et de la profonde culture qu’Aguirre amasse dans sa filmographie éloquente, qui est du « vrai cinéma » dans sa dimension créative (dans le meilleur sens du terme) et dans l’anti-cinéma ou le non-cinéma d’un point de vue commercial (dans le pire sens du terme). Les ressources du métalangage employées dans le film “Dispersion de la Luz” (Dispersion de la lumière) nous montrent un collage d’éléments expressionnistes (et d’une certaine façon surréalistes) transformés en symboles de la culture contemporaine qui rend hommage au cinéma muet autant par des aspects formels qu’iconographiques. Aguirre, reste fidèle à lui-même aussi dans le film Medea 2 et continue d’adhérer à l’idée initiatique (peut-être bien sentiment et cosmovision) qui s’appuie sur deux éléments essentiels : continuer de chercher dans les champs de l’art illimités et le faire avec la simplification maximum des éléments expressifs.

2009